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Effets de différents stress sur la santé des abeilles
Pour expliquer les mortalités d’abeilles actuelles, l’unité Abeilles et Environnement situé sur le centre INRA PACA d’Avignon a testé deux hypothèses. La première est celle d’un syndrome multifactoriel dû aux effets interactifs entre un pathogène, Nosema, et un insecticide, l’imidaclopride. La seconde hypothèse concerne la qualité de l’alimentation en protéines sur les abeilles. Les chercheurs ont ainsi démontré pour la première fois que l’interaction entre ces deux agents, ainsi que de la diversité pollinique peut affecter de manière significative la santé des abeilles.
Un déclin multifactoriel
Alors que les mortalités massives d’abeilles continuent actuellement sur le plan mondial, la majorité des études visant à expliquer ces phénomènes se sont focalisés sur un seul facteur de stress (pesticides ou pathogènes) sans qu’aucun ne puisse être clairement incriminé. En se focalisant sur les effets des pesticides ou pathogènes seuls, leurs effets synergiques ont longtemps été ignorés. Cette synergie entre agents pathogènes et doses sublétales de pesticides est pourtant bien établie en lutte intégrée contre les insectes ravageurs. De même, la qualité de la nourriture et du pollen butiné par les abeilles, en terme de diversité, a souvent été avancé comme cause probable de disparition des abeilles.
Des ruches plus fragiles et moins résistantes aux maladies
L’interaction entre Nosema et l’imidaclopride à des concentrations naturelles induit un taux de mortalité et un stress énergétique significativement plus élevé que chaque agent seul. En outre, alors que Nosema et l’imidaclopride seul n’ont aucun effet, leur combinaison provoque une réduction significative de la production de glucose oxydase, une enzyme de l’immunité sociale impliquée dans la production d’antiseptiques (H2O2) dans la nourriture larvaire et le miel, et qui permet donc la prévention de maladies infectieuses. Ces résultats suggèrent sur le long-terme, en plus des effets immédiats sur la mortalité de ces deux agents, une susceptibilité accrue de la colonie aux pathogènes.
Les scientifiques ont également mis en évidence l’importance de différence d’alimentation pollinique sur la santé de l’abeille. Notamment, une nourriture à base de pollen varié induit une production de glucose oxydase plus importante par rapport à du pollen monofloral (même plus riche en protéine), suggérant un impact de la biodiversité florale sur la santé des abeilles.
Etudier les effets d’autres pesticides et pathogènes
Ces résultats sont en partie dus au programme transversal entre deux équipes de l’unité Abeilles et Environnement (équipe Biologie et protection de l’abeille et équipe Toxicologie environnementale), qui travaillent ensemble sur les aspects de pathologie et de toxicologie. Ces premiers résultats permettent d’envisager de poursuivre l’étude des interactions entre deux types de stress sur différents acteurs des colonies (reine et mâles) et avec des molécules de familles différentes et d’autres pathogènes comme en particulier le Varroa.
Des études sont aussi en cours afin de déterminer, au niveau génomique, l’impact de l’alimentation pollinique sur la santé des abeilles et la résistance aux maladies.
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Spores de Nosema

Administration de spores de Nosema à l'abeille par ingestion
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Bibliographie
- Alaux C., Brunet, J.-L., Dussaubat, C., Mondet, F., Tchamitchan, S., Cousin, M., Brillard, J., Baldy, A., Belzunces, L.P., Le Conte, Y. 2010 - Interactions between Nosema microspores and a neonicotinoid weaken honeybees (Apis mellifera), Environ. Microbiol. doi:10.1111/j.1462-2920.2009.02123.x.
- Alaux C., Ducloz F., Crauser D., Le Conte, Y. 2010 - Diet effects on honeybee immunocompetence. Biology Letters, doi:10.1098/rsbl.2009.0986
Voir aussi
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